Sur le modèle de variantes innombrables proposées dans le livre Voyage au Simplon, pour partir à la découverte de la région du Simplon, le départ est donné à Brig: le car postal attend sur la place de la gare, on embarque pour un trajet de près d’une heure. Le parcours suit une voie de communication historique pour surmonter le passage du nord au sud des Alpes. À chaque virage, derrière chaque pin ou chaque mélèze se cache un témoignage ou une perspective grandiose.



Aujourd’hui, je suis attentif à la neige, il en est tombé énormément depuis le début de l’hiver, mais elle semble avoir fondu au fur et à mesure de l’accumulation des précipitations. Au col, des murets de neige déplacée par les chasse-neige longe la route, mais la quantité reste modeste autour de l’Hospice, la neige est tassée par la fonte que provoquent des hausses de températures ponctuelles, sa surface est soufflée, fouettée par des vents qui ont dû être violents.


On aurait pu s’arrêter au col, mais je préfère rester dans le car et descendre plus loin en direction de l’Italie, à l’arrêt d’Iselle Stazione. De là, je remonte la route du col d’où le car vient justement, mais à pied, je passe devant le portail sud du tunnel ferroviaire du Simplon, entouré de grilles massives et de barbelés, puis je traverse un tunnel cette fois routier, mal éclairé, sur un trottoir étroit mais bien existant, avec bien sûr une prudence maximum, car le trafic de la route peut être important, et je débouche sur le village frontière d’Iselle. Deux restaurants s’y relaient, il y en a toujours un d’ouvert pour accueillir les voyageurs et les ouvriers des chantiers de la région. Menu à l’italienne garanti!



Deux heures plus tard, il faut refaire la petite marche de 10 minutes dans l’autre sens pour aller prendre le car suivant ou le train de la BLS qui, sorti du tunnel et sur le chemin de Domodossola s’arrête à la gare d’Iselle, à peine au-dessus de la route. En car ou en train, on descend la vallée de la Diveria, vallée très encaissée dans des falaises abruptes peuplées d’arbres bien téméraires. Au bout de la vallée, la vue s’ouvre soudain sur la vallée principale, celle du Toce au fond de laquelle se trouve Domodossola, l’objectif. Chef-lieu, cette ville draine à elle, presque naturellement l’activité des vallées qui glissent dans sa direction, Bognanco, Formazza, Vigezzo. La vie de Domodossola est ainsi animée, de marchés et du passage des gens. Les bars, restaurants et commerces en particulier alimentaires y sont nombreux.

Pour remonter au point de départ à Brig, il est prévu de prendre le train. Avant de monter dans un régional vert et crème de la BLS, il faut aller prendre un café sur une des tables du buffet de la gare, une de celles posées sur le quai 1. Le spectacle des voyageurs en quête de leur correspondance est très divertissant, le ballet des trains arrivant et repartant fascinant. Un concentré de voyage aussi fort que la gorgée de café à l’italienne servie par le buffet.


Le trajet de retour en train est à la hauteur des heures précédentes de la journée. On va remonter la vallée de la Diveria et pour accéder à l’entrée du portail sud du tunnel (celui aperçu en marchant vers Iselle), le train va prendre de l’altitude par un tunnel hélicoïdal entre Varzo et Iselle, parcourt en ellipse à peine perceptible lorsqu’on est installé dans son siège. Puis le convoi pénètre dans le tunnel, long de 19 kilomètres, on passe sous la montagne, par le chemin le plus direct dans la masse rocheuse que l’on a justement surmontée le matin par le car. 20 minutes de traversée avant que le train ne débouche à Brig, gare internationale accueillant jusqu’à 300 trains par jour!

Autres informations générales, variantes à pied, notamment pour la saison estivale, et propositions d’hébergements dans le livre Voyage au Simplon.

Car postal: la ligne routière Brig-Domodossola est une des plus belles des Alpes suisses, elle relie aussi le village de Simplon Dorf, situé au-delà du col, et le village frontière de Gondo avec le reste du pays. On peut s’installer près de la fenêtre pour un spectacle permanent. Les cars jaune et rouge semblent armés pour répondre à toutes les exigences imposées par une route de montagne, ils dégagent quelque chose de rassurant, surtout lorsqu’on les attend à un arrêt dans le froid de la montagne.

La sensation de voyage est, en particulier hors saison, totale.

Train: les rames RABe de la BLS, aux couleurs verte et gris-crême, sont très modernes, confortables, continues d’un wagon à l’autre la plupart du temps. Elles sont le moyen de transport des frontaliers italiens qui viennent travailler en Valais puis retournent le soir de l’autre côté du tunnel, ce qui amplifie encore la sensation de dépaysement dès qu’on arrive sur le quai à Brig.

Avec les écrans et la configuration des compartiments, on retrouve un peu trop l’ambiance des trains-métros des agglomérations peuplées de la Suisse, cependant la sensation de voyage est également importante.

RR

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